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IDEF 2009 : les distributeurs de jeu vidéo


Game : « les réseaux de magasins physiques ont encore de beaux jours »

Spécialiste du jeu vidéo et dotée d’une expertise historique dans le domaine de l’occasion, la chaîne Game compte 195 magasins en France et 1344 en Europe. Renaud Ancousture-Lavie, Directeur commercial de la filiale française du groupe britannique, nous dévoile sa vision du marché et les méthodes de Game.

Le disque, la vidéo se sont écroulés. Pourquoi le marché du jeu vidéo se maintient-il ? Comment éviter de suivre le même chemin ?

Renaud Ancousture-Lavie, Directeur commercial France
Depuis quelques années, ces deux marchés ont connu de fortes régressions dues essentiellement à la dématérialisation, au piratage (et un manque de créativité pour le disque). Le jeu, tout en étant aussi vulnérable, bénéficie d’atouts : des plates-formes avec des jeux, une technologie plus complexe et l’expérience des actions à mener (cf Nintendo) et mécaniquement une forte croissance due à l’arrivée de millions de nouveaux consommateurs.

La crise économique a-t-elle un impact sur l’industrie du jeu vidéo ?

Elle a bien évidemment un impact. Chez les éditeurs dans leur besoin de financement des créations mais aussi chez les distributeurs car les consommateurs sont regardants sur leur pouvoir d’achat. Les jeux et consoles restent onéreux : nous sentons bien depuis le début d’année un ralentissement du marché. Les hard core gamers sont toujours là mais sont plus réactifs sur nos offres de reprises, sur l’occasion. Les casuals gamers attentent des temps plus propices et repoussent les achats.

Piratage : Quel est votre manque à gagner ? Quelles sont les plates-formes les plus touchées ?

Difficile à dire voire impossible. Quand on regarde autour de soi (métro, train), on voit beaucoup de cartouches pirates. La Nintendo DS semble particulièrement touchée, le phénomène est difficilement mesurable mais semble fort. La Wii également connaît du piratage et ne parlons pas de la PSP qui a été crackée et dont la plupart des jeux sont downloadables. Nintendo mène actuellement des actions. Le marché espagnol en DS est quasiment ruiné par le piratage et cela est très préjudiciable à l’économie et la création.

Le casual gaming était-il une mode ?

Non. L’arrivée de nouveaux consommateurs au jeu vidéo, c’est une excellente nouvelle. En revanche, en période de crise, ce créneau souffre davantage car le jeu n’est pas au centre des priorités de cette population. Le casual gaming est plus saisonnier (période de vacances ou de fin d’année) mais n’oublions jamais qu’une partie des casual gamers d’aujourd’hui pourraient être des hard core gamer  demain!

Quelles évolutions seraient souhaitables pour le classement PEGI ?

En tant que spécialiste, nous avons un focus dédié sur le PEGI. Nous communiquons en magasins, nos équipes sont briefées, nous vérifions l’âge, conseillons les parents et sur certains titres, ne les mettons pas en avant et les vendons à la demande. En revanche, la mise en vente libre de certains titres peut choquer voire attiser une volonté de davantage de législation. Les évolutions sont à décider par les éditeurs : nous appliquerons et nous respecterons les règles du jeu.

Quelle importance accordez-vous au public des hard core gamers ? Pourquoi ?

Les hard core gamers constituent la plus grande partie de notre clientèle. Nous sommes des spécialistes. Ils sont au cœur de nos priorités et que ce soit dans nos sélections de gammes que dans le choix des opérations, des offres de reprises, nous veillons toujours à ne pas perdre de vue leurs attentes. Via notre carte fidélité et notre personnel en magasin, nous les connaissons bien et essayons de les satisfaire. Les hard core gamers nous apportent également beaucoup dans leur remontées et avis sur les produits et services.

Les consoles next-gen, un marché à maturité ?

Les consoles next gen ont en théorie, dans leur courbe de vie, encore deux ans minimum avant la prochaine génération. Xbox 360 a progressé fortement l’année dernière, la PS3 est en embuscade et Sony devrait réagir au second semestre. Ces consoles n’ont pas encore en termes de ventes leur maturité et en termes de jeux, la courbe d’expérience monte…les jeux présentés à L’E3 cette année sont de très belles factures. Cette fin d’année sera d’ailleurs meilleure pour la next gen que 2008.

Quelles opportunités aujourd’hui sur le marché DS ?

Le marché DS semble s’essouffler mais cela parait normal avec le lancement de la DSi. Nous sommes dans la phase de multiplication d’équipement dans les foyers et dans ce cadre Game offre des opportunités avec les DS d’occasion. Mais sur le jeu, nous assistons à un double phénomène : un renforcement des valeurs sures (cf Pokémon Platine) et un tassement fort des titres secondaires : la médiocrité de certaines réalisations ne doit pas y être étrangère…cela renforce hélas d’autant plus le piratage.

Quel regard portez-vous sur la DSi ? Ouvre-t-elle de nouvelles perspectives ? 

Tout d’abord Game a réussi un magnifique lancement de la DSI grâce à son offre de reprise de la DS Lite. C’est une console dans le prolongement de la DS qui a le mérite d’apporter quelques nouveautés. On ne peut pas parler de révolution et nous devrons attendre les applications et les jeux dédiés.

Peut-on s’attendre à un phénomène d’encombrement sur Wii en fin d’année ?

L’année dernière nous avons vécu un véritable encombrement sur DS. Tout et n’importe quoi a été lancé avec les effets catastrophiques qui en ont découlés : méventes, surstocks et parfois mises en difficultés de distributeurs et éditeurs. La tentation sur la Wii est sans doute la même cette année et beaucoup prédisent en effet un fort encombrement. Les leçons DS ont été comprises et nous serons excessivement exigeants et strictes dans nos sélections de fin d’année.

Comment abordez-vous le phénomène de la dématérialisation ?

La dématérialisation est inévitable. Nous nous devons de réfléchir et d’intégrer cette donnée dans notre stratégie. Nous vendons déjà des jeux dématérialisés sur notre site game.fr. Les jeux PC sont bien évidemment concernés en premier lieu mais nous venons de voir apparaître la PSP Go et l’iPhone est de plus en plus une réelle console performante. Mais vu la complexité liée aux plateformes, des problématiques éditeurs, du fort besoin en bande passantes, cela va prendre plus de temps que la musique par exemple. Les réseaux de magasins physiques ont encore de beaux jours. L’offre dématérialisée est abondante mais difficilement lisible pour les non initiés alors que le marché a été boosté ces dernières années par une nouvelle clientèle qui découvre enfin le jeu vidéo et est très demandeuse de conseils. Sa courbe d’expérience du jeu ne fait que commencer et il faudra un temps certain pour arriver à la dématérialisation.

Quel regard portez-vous sur la PSP Go, qui proposera uniquement des jeux en téléchargement ?

L’objet en tant que tel est très réussi. En revanche quid du modèle économique lié à la vente de ce produit ? Sony réfléchit à une proposition globale satisfaisante mais  l’effet de la présentation à l’E3 était réussi : en revanche nous n’avons eu que  peu de réponses sur la promesse globale. Notre métier est de vendre des consoles, des jeux et d’offrir du conseil. Vendre cette console (chère par ailleurs, 249 euros) seule, a dans l’absolu peu d’intérêt. Attendons l’Idef pour en savoir plus.

Quelle part représente le marché de l’occasion dans votre business ?

L’occasion a toujours représenté une part non négligeable de notre activité. Elle est inscrite dans nos gènes et nous avons développé une réelle expertise depuis des années. C’est un marché complexe, très réactif.

Comment le marché de l’occasion a-t-il évolué ces derniers mois ?

On lit énormément de choses actuellement sur l’occasion. Des intervenants nouveaux et des opportunistes se lancent. Les médias en cette période de crise se font le relais de nouveaux modes de consommation mais Game n’a pas attendu la crise pour développer ce marché et penser au pouvoir d’achat des joueurs. Nous notons un renforcement des attentes des consommateurs et une plus grande réactivité aux offres.


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Posté le 24-07-2009 à 13:10


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