Marché / Evénement

L'Amiga fête ses 30 ans

En 1985, Commodore lance un micro révolutionnaire

Par posté le 23/07/2015 à 12h18
warhol-amiga05.jpg23 juillet 1985. Une date pour l'informatique grand public mais aussi le jeu vidéo puisqu'il s'agit du jour de mise en vente du premier modèle d'ordinateur Amiga. Une machine puissante, en avance sur son temps, qui eut un impact considérable dans l'histoire du jeu vidéo en hébergeant des titres emblématiques ou en devenant la machine de prédilection de studios surdoués. Si le format Amiga appartient aujourd'hui au passé, il n'en reste pas moins dans les mémoires de nombreux joueurs ayant eu la chance de pouvoir le pratiquer.
Il y a eu un avant et un après l'Amiga de Commodore. En 1985, lorsque la firme américaine lance sa puissante machine, elle profite de la popularité immense du Commodore 64, son ordinateur 8 bits qui aurait amplement dépassé en fin de vie les 10 millions d'unités vendues dans le monde. Un tour de force à l'époque. Facile à programmer, peu cher, le Commodore 64 accueille en cette année 1985 un turbulent congénère au sein du catalogue de la firme. Puissant, racé, tourné vers la création multimédia, l'Amiga 1000 est basé sur un processeur 16-bit et repose sur une interface entièrement graphique, dans l'esprit de ce que proposent le Macintosh d'Apple ou l'Atari ST, dont il sera le principal rival au cours des années suivantes. Machine haut de gamme au positionnement semi-professionnel, l'Amiga 1000 joue la carte de la dimension multimédia (alors balbutiante) et son constructeur va jusqu'à associer Andy Warhol au lancement de la machine (certains des précieux travaux de l'artiste furent d'ailleurs récemment retrouvés sur disquettes !). Si l'Amiga 1000 restera un modèle élitiste, Commodore sort un modèle plus économique, l'Amiga 500, en 1987, dont le boîtier évoque le look de l'Atari ST. Modèle le plus populaire de la gamme, l'Amiga 500 sera celui de la consécration et de la démocratisation... mais aussi de la montée en puissance du jeu. L'Atari ST sera la machine de prédilection des musiciens, l'Amiga des amoureux de belles images. Mais les deux communautés se rejoindront via le pendant ludique de leurs belles machines.

L'Amiga 500, modèle de la consécration

De machine professionnelle, l'Amiga devient une puissante plate-forme de jeu qui permet aux développeurs de profiter de capacités graphiques et sonores exceptionnelles. Des studios comme Cinemaware (Defender of the Crown, Rocket Ranger...) ou Psygnosis (Shadow of the Beast...) vont s'évertuer à tirer le meilleur de la plate-forme, qui devient également une machine très populaire auprès de la scène des démo-makers, ces créateurs indépendants qui signent des programmes illustrant les capacités de la machine. Les jeux d'aventure de Lucasfilm Games, de Sierra On-Line, les jeux de Maxis chez Electronic Arts, les jeux d'action de Bitmap Brothers, ceux de Team 17, mais aussi les jeux français signés Delphine Software, Ubisoft, Infogrames... sans oublier les multiples adaptations de films ou de bornes d'arcade signées Ocean. L'Amiga est LA machine sur laquelle il faut être présent au début des années 1990 pour le jeu vidéo, celle qui permet de quasiment donner libre cours à la créativité des développeurs. Commodore s'emploie à alimenter la machine en multipliant les modèles (Amiga 500+ en 1991 côté familial, Amiga 2000 en 1987 pour le pro, puis Amiga 1200 et Amiga 4000 en 1992...). Alors que le support CD-ROM se démocratise, que les consoles de jeu ont la côte, Commodore lance une console, l'Amiga CD 32, au look discutable, à la manette déplorable... qui fera un bide. Face à la montée en puissance du PC dans le domaine du jeu, des coups de butoir des consoles de jeu de plus en plus concurrentielles, l'Amiga est en nette perte de vitesse en 1993, d'autant que la machine souffre de plein fouet du phénomène de piratage des jeux... qui incite bon nombre d'éditeurs à s'en détourner. L'âge d'or de l'Amiga (cinq ans mémorables !) est alors déjà derrière lui et la marque subsistera à la faillite de Commodore en 1994, d'abord employée par une société nommée Escom autour de machines hybrides, puis rachetée par une nouvelle entité Commodore au début des années 2010. Des machines sont lancées, hybrides PC/Amiga, avec une volonté évidente de surfer sur la nostalgie de la célèbre marque. Dernièrement, on apprenait que Commodore pourrait revenir sous forme d'un smartphone sous Android. Le Commodore PET (clin d'?il à l'un des premiers micros de la marque) embarquerait des émulateurs C64 et Amiga. Et surtout un glorieux sigle Commodore sur sa coque. On peut questionner la pertinence du concept, mais pas la popularité de l'emblématique marque Commodore et l'héritage laissé par l'Amiga.


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