Interview / Marché

Le virage réussi d'Avanquest

Pierre Cesarini, PDG d'Avanquest

Par posté le 07/10/2015 à 09h00
IMG_5848 copie.jpgPour durer, une société doit savoir muter. Si Avanquest peut se targuer d'avoir passé sans trop d'encombre les chambardements survenus dans les technologies comme dans la distribution depuis sa création en 1984 par Bruno Vanryb, c'est avant tout en raison de sa capacité à se réinventer. Une levée de fonds effectuée cet été a permis à l'entreprise de se recapitaliser en réduisant très fortement sa dette et de constituer une trésorerie en mesure de permettre des investissements conséquents. Avec un chiffre d'affaires autour de 100 millions d'euros, et une forte implantation à l'étranger, Avanquest fonde son évolution sur trois piliers : la vente de logiciels grand public, l'impression digitale (pour le Web et surtout mobile), et l'univers des objets connectés. Pierre Cesarini, PDG d'Avanquest nous a reçus pour évoquer l'évolution de la société.
JDLI : Quelle est la situation d'Avanquest en cette rentrée 2015 ?
Pierre Cesarini :
Il est encore trop tôt pour communiquer sur les résultats financiers définitifs, l'exercice s'étant clos le 30 juin et les résultats devant être publiés le 12?octobre. Ce qu'on peut dire aujourd'hui c'est qu'Avanquest s'est repositionné en sachant capitaliser sur ses fondamentaux. Quels sont-ils ? Un indéniable savoir-faire technologique à la base même de l'existence de la société, née aux balbutiements de la micro-informatique grand public, et qui s'est développée grâce à la vente de ses propres logiciels en OEM, notamment Winfax à partir de 1995. Avanquest se distingue aussi par un savoir-faire important dans le domaine de la photo et une grande expertise sur le Web. Enfin évidemment, la société est un distributeur important de logiciels, notamment en productivité. Nous sommes donc repartis de ces qualités fondamentales pour réinventer l'entreprise.

« Avanquest s'est repositionné en sachant capitaliser sur ses fondamentaux. »

 


En quoi était-ce nécessaire ?
En 1995 et 2007 Avanquest a grandi vite, mais surtout par acquisition. Cette croissance externe a engendré un endettement que le niveau de profitabilité ne permettait plus de rembourser. La société a toujours été rentable, mais pas suffisamment pour que la dette ne l'handicape pas. Nous avons donc procédé à une augmentation de capital sur le marché boursier parisien où Avanquest est coté. Le succès de l'opération nous a permis un fort désendettement et de constituer des réserves pour accompagner le changement.

Avanquest est largement connu pour son activité de distribution de logiciels. Comment se porte cette activité ?
Elle est stable et profitable et représente environ la moitié de notre chiffre d'affaires. Mais il est évident que la distribution de logiciels n'est pas l'axe de développement privilégié dans l'environnement actuel. Les ventes physiques baissent dans les points de vente, mais elles sont compensées par la bonne santé des ventes online. Nous nous sommes appliqués à rationaliser notre catalogue tout en conservant des gammes très importantes, tant en logiciels utilitaires, bureautiques, multimédia ou purement orientés loisir. C'est une activité historique de la société, celle qui lui a permis d'atteindre les 100 millions d'euros de CA, et nous sommes présents dans de nombreux pays, dont évidemment les Etats-Unis. Mais à 100 millions, avons-nous la masse critique qui permette de rivaliser avec des mastodontes du e-commerce capables de proposer des ventes en boites ou en download ? Je ne crois pas que ce soit là que doivent porter le c?ur de nos investissements. Mais comprenons-nous bien, c'est un métier qui nous tient à c?ur et qui reste majeur pour la société.



Les ventes de logiciels PC ou Mac se font dorénavant dans une très large mesure par téléchargement. Comment s'adresser aux consommateurs ?
Evidemment via notre site internet, et via des sites affiliés. Mais nous avons également une base extrêmement bien constituée qui nous permet de faire des e-mailing précis pour sensibiliser nos consommateurs. Nous vendons plus de 650 000 logiciels par an.

Il y a un an vous vous lanciez dans le mobile-to-print. Quel est le premier bilan ?
Nous sommes très satisfaits du succès rencontré. Je ne peux pas vous dévoiler les volumes de photos que nous avons traités avant la diffusion des résultats du groupe, mais sachez qu'on est significativement au-delà des 20 millions, ne serait-ce qu'au mois d'août, en cumulant tous les territoires. Le modèle mis en place, la possibilité d'imprimer gratuitement jusqu'à 500 photos contenus dans son mobile, sa Dropbox ou des réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram, en ne réglant que les frais de port ou les tirages autres qu'en 10 x 15, est l'illustration de notre capacité à réorienter nos activités tout en s'appuyant sur le savoir-faire historique d'Avanquest, dans deux domaines clé, la photo et Internet. Il fallait changer le paradigme : les photos sont désormais stockées sur le mobile, pas sur le PC. FreePrints, notre logiciel de mobile-to-print est leader sur sa catégorie dans le monde. Naturellement, nous continuons à proposer nos services de web-to-print. La part de la division Digital Printing dans notre chiffre d'affaires a doublé de taille cette année, elle est en très forte hausse de 91%.

Vous abordez le marché des objets connectés de façon originale. Qu'est-ce que myDevices ?
Effectivement, Avanquest a abordé ce marché de façon innovante... Notre approche est avant tout b to b. Concrètement, Avanquest propose à des sociétés un espace cloud pour connecter, gérer et stocker les données de n'importe quel objet connecté. Grace à notre maitrise du middleware, nous avons la capacité de gérer des objets hétérogènes. A terme tout sera connecté, nous nous positionnons donc très tôt. L'Internet des objets va prendre de l'importance tant, dans la gestion de l'énergie, l'eau, l'électricité, que pour les assurances, les mutuelles... tous les grands secteurs de l'économie sont concernés. Avanquest a une solution à proposer, dans un univers technologiquement complexe et qui nécessite beaucoup de services. Nous avons d'ores et déjà quatre contrats de signés. Là aussi nous visons une activité qui soit internationale, nous ne sommes pas du tout tournés vers la France exclusivement. Parallèlement, nous commençons à développer une gamme d'objets connectés. Cela nous permet de multiplier les expériences. Nous commençons avec une prise connectée et une ampoule. Nous allons également bientôt proposer une caméra de surveillance.

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